3. La Reconstruction par les Portugais
Après avoir complètement rasé Anfa en 1468, les Portugais décidèrent de reconstruire la ville pour exploiter son emplacement stratégique sur la côte atlantique. En 1515, ils fondèrent une nouvelle cité qu’ils nommèrent « Casa Branca », signifiant littéralement « maison blanche ». Ce nom faisait référence aux maisons blanchies à la chaux qui dominaient l’architecture locale, créant un paysage urbain distinctif et symbolisant une nouvelle ère pour la ville sous le contrôle européen. Casa Branca fut reconstruite en tant que fortification et base maritime, servant les intérêts portugais pour protéger leurs routes commerciales et renforcer leur présence dans la région. Cependant, malgré cette tentative de consolidation, la ville resta fragile face aux menaces extérieures.
Les Portugais ne réussirent pas à maintenir leur emprise sur Casa Branca très longtemps. Tout au long du XVIIe siècle, la ville fut régulièrement attaquée par les tribus locales et les corsaires marocains, qui cherchaient à reprendre le contrôle de leur territoire. Ces attaques, combinées à une série de problèmes internes au Portugal, affaiblirent la domination portugaise sur la ville. Le coup de grâce survint en 1755, lorsqu’un tremblement de terre dévastateur frappa la région. Ce séisme, connu pour avoir ravagé Lisbonne, provoqua également d’importants dégâts à Casa Branca, détruisant une grande partie de ses infrastructures et forçant les Portugais à abandonner définitivement la ville. Cet événement marqua la fin de leur présence et laissa la ville en ruines, ouvrant la voie à une nouvelle réappropriation par les populations locales.